lES premières mesures

Il faut attendre les années 1475 pour voir des mesures enfin efficaces prises par les pouvoirs publics: on nettoie les rues, on brûle les maisons des pestiférés, on isole les malades et les occasions favorisant la propagation de la maladie (foires, rassemblements, marchés) sont limitées par des lois. On met en place un réseau d'observation permettant de fermer les portes des villes à l'approche de la maladie. Jusque-là, les pouvoirs publics tentent d’endiguer l’épidémie.

LE marquage

A la fin du 14e siècle à Venise, les premières mesures de lutte collective ont été adoptées : nettoyage des rues, transport des ordures hors de la ville, garde permanente aux portes de la ville, abattage des chiens et des chats, désinfection des maisons contaminées et signalement des maisons infectées par une croix ou une botte de paille sur la porte. Lors de l’épidémie de peste qui toucha Bruxelles, de 1667 à 1669, les immeubles condamnés étaient marqués de l’effigie du Christ.

La crécelle

Une crécelle est un instrument de musique datant du Moyen-Âge, aussi appelée brouan ou tartuleuil. La crécelle servait de signal d’avertissement en France au Moyen-Âge pour prévenir les personnes de l’imminence d’un danger. On l'utilisait aussi afin d'avertir du passage de personnes infectieuses, atteintes de maladies redoutées : la lèpre et la peste.

L'enterrement des victimes

Face à la surmortalité et à l’amoncellement de cadavres, de nombreux corps de métier étaient réquisitionnés : les menuisiers et charpentiers fabriquaient les cercueils, les notaires réécrivaient perpétuellement les actes des victimes, dont les héritiers succombaient entre-temps ; quant aux fossoyeurs, nombre d’entre eux choisissaient la fuite, étendant ainsi la propagation à d’autres contrées.

Enterrement de victimes de la peste à Tournai - Détail d'une miniature des "Chroniques et annales de Gilles le Muisit", abbé de Saint-Martin de Tournai, Bibliothèque royale de Belgique. © Wikimedia

La flambée deS vêtements

La Bible précisait déjà que les soldats hébreux, de retour du combat, étaient obligés de flamber tout leur équipement et les vêtements capables de supporter ce traitement, et de plonger les autres dans l'eau bouillante. Au Moyen-Âge, les vêtements des personnes pestiférées étaient brûlés pour éviter l'extension de l'épidémie de Peste Noire.

Les réquisitions

Point de contact important, le port de Marseille était continuellement menacé par les épidémies de peste. En 1720, le Grand-Saint-Antoine, un navire en provenance du Proche-Orient, arriva à Marseille et apporta un précieux chargement d'étoffes de soie et de balles de coton, vecteurs de transmission de la peste d’homme à homme. Afin d’évacuer les cadavres en surnombre, des galériens furent mobilisés, sous le commandement du Chevalier Roze (au centre de l’œuvre). Pour éviter la contamination, ils se couvraient le visage et faisaient usage de bâtons pour ne pas toucher les pestiférés.

La quarantaine

En 1348, durant la Peste Noire, l'île de Lazzaretto Vecchio est désignée pour isoler et traiter les Vénitiens touchés par la maladie. L’île devient le port d'attache des navires provenant de lieux touchés par la peste, où les passagers et membres d'équipage présumés malades devaient patienter durant une période de quarante jours avant d'être admis au cœur de la ville. Nous devons le mot «quarantaine» au terme italien désignant la période de 40 jours.