lES conceptions populaires

Son effet est foudroyant: en quelques jours, le riche, le pauvre, le manant, le bourgeois, le jeune, le vieillard, le roi, le pape, le marchand ou l'évêque, tout le monde se retrouve entraîné vers la tombe dans une danse macabre. Ce fléau de Dieu, envoyé en signe annonciateur de la fin du monde, terrifia les populations qui restèrent évidemment démunies et marqua durablement les esprits.

La cause:
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une créature surnaturelle

“On aurait vu une flamme surnaturelle bleue flotter dans les rues de la ville et aller de maison en maison disséminer la maladie. Parfois, elle était accompagnée d’un fantôme ou du diable.”

L’artiste Böcklin a représenté la Peste sous une forme iconographique traditionnelle : la Mort. Sous l’apparence d’une vieille femme armée d’une faux et chevauchant un animal fantastique aux ailes de chauve-souris et cracheur de feu (le feu étant associé à la colère divine), elle parcourt les rues médiévales pour accomplir sa moisson humaine. Cette représentation fait référence au quatrième cavalier de l’Apocalypse qui, sur son cheval pâle, répandait la maladie sur terre. Le monstre est velu, représenté avec des griffes et des ailes de chauve-souris. Il perd ainsi ses références avec le péché et le salut divin.

Les anges

L’artiste s’est inspiré de la Légende dorée de Jacques de Voragine afin de représenter une des épidémies de peste qui ont touché Rome à plusieurs reprises. Sous les visages épouvantés des habitants de la ville, comptant leurs morts, sont à l’œuvre les deux anges annonciateurs de terreur : « Et alors apparut visiblement un bon ange, qui ordonnait au mauvais ange, armé d'un épieu, de frapper les maisons, et autant de fois qu'une maison recevait de coups, autant y avait-il de morts ».

La danSe macabre

A cause de la peste, la danse macabre est devenue un thème récurrent dans les Arts à partir du 14ème jusqu’à la fin du 17ème siècle, période pendant laquelle les épidémies se succédaient et où la mort frappait sans distinction de manière permanente. Dans un contexte de superstition,  les femmes dansaient devant la statue de la Vierge jour et nuit jusqu’à l’effondrement. Sur ce manuscrit, les vivants dansent avec les morts.

Les grandes processions

Afin d’éloigner l’épidémie de peste, qui engendra des milliers de morts à Tournai en 1092, l’évêque Radbold organisa une grande procession des reliques. La maladie est interprétée, selon l'habitude de cette époque, comme un châtiment divin. Les fidèles se pressent dans l’église-mère du diocèse pour invoquer la protection de la Vierge Marie qu’ils vénèrent sous le vocable de Notre-Dame des Malades.

L'empoisonnement
DES PUITS

Non seulement les Juifs mais aussi les Tatars, les Bohémiens et d’autres auraient empoisonné les puits, … La transmission, croyait-on, pouvait même se faire du regard. Des milliers de Juifs ont été brûlés sur des bûchers, notamment lors du Massacre de la Saint-Valentin, le 14 février 1349. En Provence, le tiers, voire la moitié des médecins étaient juifs; on racontait qu’ils répandaient la maladie par des sachets de venin.

Les pogroms

Face à l’ampleur de la maladie et à l’inefficacité des remèdes, la population en chercha la cause et les juifs furent accusés d’empoisonner l’eau des puits. En 1370, ont commencé les pogroms. Des bûchers furent alors allumés dans plusieurs villes d’Europe à partir de la moitié du 14e siècle et de nombreux juifs furent brûlés. 

Les saints protecteurs