L'HISTOIRE DE LA  VACCINOTHÉRAPIE

La vaccination est l'administration d'un agent antigénique, le vaccin, dans le but de stimuler le système immunitaire d'un organisme vivant afin d'y développer une immunité adaptative contre un agent infectieux. Des méthodes empiriques de variolisation sont apparues très tôt dans l'histoire de l'Humanité, grâce à l'observation du fait qu'une personne qui survit à la maladie est épargnée lors des contacts infectieux suivants.

L'inoculation DE LA VACCINE

1796 marque le début des vaccins antivarioliques sur l'homme

Fin du 18e siècle, Edward Jenner remarque que les fermières en contact avec les vaches ne contractent pas la variole lors d'épidémies. Il tente alors la technique suivante: Il incise la peau d’un individu sain avec la vaccine des vaches (proche de la variole) et il constate que l’homme ainsi inoculé par la vaccine ne développe ni la vaccine ni la variole.

Il est immunisé.

“I hope that some day the practice of producing cowpox in human beings will spread over the world - when that day comes, there will be no more smallpox.”
‍

- Edward Jenner
"Dans les sciences, certaines personnes ont des convictions, d'autres n'ont que des opinons. La conviction suppose la preuve, les opinons reposent le plus souvent sur des hypothèses."
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- Louis Pasteur

LE VACCIN à germes ATTénués

Louis Pasteur, à la pointe du progrès, développe le premier vaccin atténué

Fin 19e siècle,  Louis Pasteur (1822-1895) administrait déjà de vieilles cultures de choléra des poules à des volailles qui, même si elles tombaient malades, elles n’en mouraient pas. Et quand il les infectait ensuite avec les mêmes germes, mais cette fois frais et virulents, elles leur résistaient. Il a créé ainsi le concept de vaccin atténué.  Actuellement pour les vaccins Codagenix les virus sont atténués par voie chimique, par la chaleur… puis leur activité immunogène est renforcée par des adjuvants (ou des particules, ou des antigènes de surface ou des toxines détoxifiées), … C’est déjà le cas des vaccins contre rougeole, oreillons, rubéole...

LE VACCIN à germes INACTIVéS

Joseph Meister, le premier humain
vacciné contre la rage en 1885

Plus tard, Pasteur a injecté avec succès à un jeune berger mordu par un chien un vieil extrait de cerveau d’animal atteint de la rage mais dont les microbes avaient dû être tués durant la conservation. Le résultat a été  que  le patient est devenu résistant. Actuellement, les vaccins ( poliomyélite, diphtérie, tétanos…) utilisent des virus tués par des produits chimiques ou la chaleur dont le pouvoir immunogène est renforcé par des adjuvants comme l’aluminium (Vaccin Sinovac).

LE VACCIN à BASE D'ANATOXINE

Des campagnes contre la diphtérie
et le tétanos dès 1920

Au tournant du 20e siècle, les scientifiques ont montré que les toxines sécrétées par les bacilles rendent ces maladies redoutables mais que le corps s’en protège en fabriquant des anticorps, d’où l’idée de produire des vaccins (par exemple contre le tétanos, la diphtérie…) contenant des toxines rendues inoffensives (anatoxines). Mais comme la réponse immunitaire est relativement faible, on favorise la production d’anticorps en ajoutant au vaccin des sels d’aluminium.

L'Avènement dES VACCINS MODERNES

Des avancées en biotechnologies et génie génétique

Le premier virus à ADN en 1979

Le Chilien Pablo Valenzuela et l’Américain William Rutter réussissent à faire fabriquer la protéine antigène du virus de l’hépatite B par des levures, en leur transférant une partie de l’ADN du virus. Ils mettent ainsi au point un premier vaccin dit « recombinant ». Depuis, plusieurs autres techniques ont été inventées pour ne pas injecter l’agent pathogène lors de la vaccination, comme les vecteurs viraux, les particules pseudo-virales et les vaccins génétiques.
LE GéNOME
HUMAIN
ADN vs ARN
FABRICATION
DES VACCINS

L'ADN recombinant

Après les avancées en matière de culture cellulaire, les biotechnologies et le génie génétique permettent à la vaccination de continuer à progresser. Des vaccins modernes peuvent par exemple s’appuyer sur la technologie de l’ADN recombinant : on insère un gène d’un virus dans une cellule (de levure, d’animal…) pour produire un antigène. Ce procédé permet le développement du vaccin contre l’hépatite B, au début des années 80.

LES VACCINs contre la COVID-19

Les vaccins agissent en présentant des protéines antigéniques virales au système immunitaire de manière sûre et contrôlée, stimulant la production d'anticorps et de cellules T pour nous protéger contre la maladie. Il existe cinq approches principales pour développer un vaccin contre le SARS-COV-2, avec plusieurs biotechnologies, des organisations universitaires et des sociétés pharmaceutiques.

Atténués

Vaccins à base soit de  virus vivants atténués  soit de virus tués ou inactivés, qui ont perdu leur dangerosité mais conservé leur pouvoir de déclencher une  défense immunitaire.

Vecteur viral

Vaccins utilisant des virus non dangereux comme vecteurs mais qui ont intégré des parties du virus  pathogène qui une fois libérés vont mettre en oeuvre une réaction immune.

Protéines virales

Ce type de vaccin consiste à injecter des protéines du virus, lesquelles seront reconnues par l’organisme mais sans matériel génétique, contre lesquelles l’organisme va lutter.

Matériel génétique

Les vaccins intégrant de l’ADN ou de l’ARN messager dans une coque, qui une fois injectés induiront la synthèse de protéines virales et ensuite une réaction de défense contre celles-ci.

AstraZeneca - Oxford


Mode d'action:
VECTEUR VIRAL
Statut:
PHASE ESSAI
Efficacité annoncée:
70%
Conservation:
entre 2 et 8°C
Doses:
1 à 2
‍

Pfizer - BioNTech


Mode d'action:
ARN MESSAGER
Statut:
AUTORISÉ
Efficacité annoncée:
95%
Conservation:
-70°C
Doses:
2
‍

CureVac


Mode d'action:
ARN MESSAGER
Statut:
DISPONIBLE FIN 2021
‍
Efficacité annoncée:
-
Conservation:
Au réfrigérateur à 4°C
Doses:
2
‍

Sanofi - GSK


Mode d'action:
PROTEINE RECOMBINANTE 
‍
Statut:
DISPONIBLE MI 2021
‍
Efficacité annoncée:
-
Conservation:
Au réfrigérateur
Doses:
2
‍

Janssen J&J


Mode d'action:
VECTEUR VIRAL 
‍‍
Statut:
PHASE D'ESSAI 3
‍
Efficacité annoncée:
88%
Conservation:
entre 2 et 8°C
Doses:
1
‍

Moderna


Mode d'action:
ARN MESSAGER
‍
Statut:
AUTORISÉ
‍
Efficacité annoncée:
94,5%
Conservation:
-20°C
Doses:
2
‍

LES VARIANTS
‍DU SARS-COV-2

Comme la plupart des virus contagieux, le SARS-COV-2 mute au cours du temps pour mieux s’adapter à l’environnement. Mais ceci entraine le risque de réduire l’efficacité de l’immunité induite par les vaccins et chez ceux ayant déjà contracté l’infection. La mutation concerne essentiellement la protéine S de surface. Parmi les variants actuels, on retrouve le «Britannique» (plus contagieux et plus mortel ; une contamination sur quatre), le «Brésilien» (plus contagieux et capable de réinfecter) et le «Sud Africain» (très proche du virus initial mais s’attaquant plus aux jeunes). Les mutations nécessitent davantage d’anticorps et de réaction immune. Malgré tout, les vaccins semblent efficaces.